La colonisation...
Ce que je note ici est une petite partie de ce qui est présenté au centre culturel aborigène des Grampians. Ce n'est pas complet, loin s'en faut, mais cela donne une petite idée de ce qu'il s'est passé pendant la période de colonisation de l'Australie par les Anglais. Et le moins que l'on puisse dire c'est que, comme toute colonisation, ce n'est pas très reluisant...
Les archéologues ont mis en évidence que le peuple aborigène habite cette terre depuis 40000 ans soit plus de 1800 générations. En comparaison, les 5 ou 6 générations de colons européens représentent bien peu dans l'histoire de l'Australie...
Le peuple qui vit sur ce continent est adaptable et résilient. Comme toutes les cultures du monde, la culture aborigène a été et continue d'être en perpétuel changement...
Voilà pour le contexte...
Passons à la suite...
En 1770, le lieutenant James Cook prend possession des deux tiers de l’Australie pour la Grande-Bretagne contre les ordres du roi George III stipulant qu’il doit d’abord conclure un traité avec la population indigène. Londres déclarant que l’Australie est inoccupée (bien entendu voyons!) permet l’établissement d’une colonie pénitentiaire, dépossédant ainsi les Aborigènes.
La religion ainsi que la « loi naturelle » furent mises en avant pour justifier l'invasion.
Les réactions des Aborigènes à l'arrivée soudaine des colons britanniques furent variées, mais inévitablement hostiles lorsque la présence des colons entraîna une compétition pour les ressources naturelles vitales et l'occupation par les Britanniques de terres aborigènes.
La rencontre aurait pu bien se passer. Les Aborigènes pensent que ces étranges hommes blancs sont peut-être leurs ancêtres et ils les accueillent comme tels. Mais la bienveillance est de courte durée. L’alcool devient une monnaie d’échange et provoque la violence.
Dans les années 1870, le bureau de protection des aborigènes (BPA) avaient beaucoup de pouvoirs.Leur travail, au départ, devait consister à veiller aux droits des aborigènes, à les protéger contre la spoliation de leur territoire et contre tout acte de cruauté, d'oppression et d'injustice.Mais la dérive a mis en place un pouvoir de contrôle disproportionné. Il pouvait ainsi forcer les aborigènes à entrer dans des réserves (à peine mieux que des camps de concentration..), prendre les enfants ou encore avait la mainmise sur la gestion de leurs moyens financiers . Les administrateurs pouvaient également dire aux aborigènes comment s'habiller, comment ils étaient autoriser à se divertir ou encore avec qui se marier. Ils se sont évertuer à remplacer la culture et les croyances par le christianisme.
« Le conseil est fier d'annoncer, en 1864, que les amusements tribaux ont été remplacés par des jeux tels que le cricket ainsi que des chants traditionnels anglais. »
Sur ordre du gouvernement, des enfants ont été arrachés à leurs mères et placés dans des orphelinats, des missions ou des familles d’accueil censés en faire « de bons petits Australiens ». Avant la Seconde Guerre mondiale, « L’Australie aux Blancs » est alors le mot d’ordre, et après ce que certains appellent le génocide dû aux premiers colons, ou le semi-esclavage pratiqué dans les réserves, ne reste, pour venir à bout de ces « moins-qu’humains » et leur faire oublier d’où ils viennent et qui ils sont, que l’assimilation forcée dès le berceau.
Des générations d'enfants aborigènes ont ainsi été enlevées à leur famille « pour leur propre bien ». Cela a continué jusque dans les années 1960 et beaucoup de ces personnes ne savent toujours pas qui sont leurs parents, frères ou sœurs. C'est l'attaque ultime contre la culture aborigène, essentiellement orale...plus de jeune à qui transmettre = disparition de la culture...
L'attaque des tous les aspects des coutumes et des croyances aborigènes a été féroce. Dans ces conditions, la plupart de la culture et du langage Koori ont disparu.
La résistance aborigène continua pendant bien plus d'un siècle, démentant le mythe d'une colonisation pacifique de l'Australie. Les colons, pour leur part, réagirent souvent à la résistance aborigène avec une grande violence, ce qui mena à de nombreux massacres aveugles d'hommes, de femmes et d'enfants aborigènes par des Blancs.
Même après la fin du conflit ouvert avec les britanniques, les Aborigènes ont continué à mourir notamment à cause des maladies, premier conquérant en somme, amenées par ces derniers. Au tournant du siècle, 98% de la population aborigène a été décimée.
À l'inverse de la Nouvelle-Zélande, où le traité de Waitangi fut perçu comme une légitimation de la colonisation britannique, aucun traité ne fut signé avec les Aborigènes, qui n'autorisèrent jamais la colonisation. Depuis les années 1980, l'emploi du terme « invasion » pour décrire la colonisation de l'Australie se généralise, tout en demeurant controversé...
Malheureusement, il ne semble pas y avoir beaucoup de portes à pousser pour approfondir cette culture. Les anglais ont tellement bien colonisé cette terre qu'ils ont quasiment éradiquer le peuple qui y vivait. Je crois qu'il y a un mot évoqué plus haut pour ça : génocide...
Et même si certaines actions sont menées au niveau local pour mettre en avant la culture aborigène, cette partie de l'Australie semble avoir perdue à jamais un pan entier de son histoire...
Pour finir sur une note d'espoir tout de même...
Une ultime reconnaissance symbolique a eu lieu en février 2008 lorsque le nouveau Premier ministre Kevin Rudd et le chef de l’opposition Brendan Nelson se sont excusés devant le Parlement au nom du peuple australien pour les crimes commis par le passé envers les Aborigènes...
Il ne s'agit pas de se repentir ad vitam æternam pour des crimes commis dans les passé mais bel et bien d'apprendre de nos erreurs pour réussir à avancer ensemble... Et bien sûr, ceci ne s'applique pas qu'à l'Australie, la genèse de certains problèmes français trouvent, selon moi, un fort écho ici...